COMMENT VA-T-ON L’APPELER ?

 

En France, la Loi permet aux parents de choisir « presque » en toute liberté le prénom de leur nouveau-né.

En effet, ce droit n’est pas sans limite et la justice peut toujours interdire aux parents de donner aux enfants des prénoms qui seraient contraires à leur intérêt.

Au départ, le Loi du 11 Germinal an XI permettait seulement l’utilisation des noms en usage dans les calendriers, et ceux des personnages connus dans l’histoire ancienne… D’où l’absence de Teddy, Tom, Dylan et autres chez nos très anciens.

Puis la Loi du 8 Janvier 1993 permit l’aventure en faisant disparaître définitivement cette lourde limitation et en autorisant des prénoms inédits plus originaux, étrangers, voire des diminutifs.

Depuis, l’officier de l’état civil ne peut plus refuser d’inscrire un prénom qu’il jugerait incongru dans l’acte de naissance.

Mais attention, car l’officier de l’état civil contrôle !

Heurté par un prénom qu’il estimerait contraire à l’intérêt de l’enfant, il peut en aviser sans délai le procureur de la République, lequel saisit à son tour le Juge aux affaires familiales qui peut faire supprimer le prénom sur les registres de l’état civil.

Dans cette hypothèse, soit les parents proposent un nouveau prénom plus conforme, soit le Juge lui donne lui-même un prénom.

 

Quelques exemples de prénoms censurés par les Juges au nom de l’intérêt de l’enfant :

Manhattan : La justice a expliqué qu’il s’agissait d’un nom de lieu. Censuré.

Ravi : Prénom indien considéré comme trop fantaisiste

Titeuf : La justice explique que « Titeuf est un garnement pas très malin dont les principales préoccupations concernent les relations avec les filles et le sexe ». Prénom de nature à créer des difficultés ou gêne effective pour l’enfant.

MJ : deux initiales en hommage à Mickaël Jackson a été considéré comme préjudiciable à l’enfant. C’est le prénom Emjy qui était finalement retenu.

Fraise : La justice estime que ce prénom « serait nécessairement à l’origine de moquerie notamment l’utilisation de l’expression ramène ta fraise, ce qui ne peut qu’avoir des répercussions néfastes sur l’enfant ». Le deuxième choix des parents, Fraisine a été validé…

Nutella : Censuré car il s’agit du nom commercial d’une pâte à tartiner et qu’il est « contraire à l’intérêt de l’enfant d’être affublé d’un tel prénom qui ne peut qu’entraîner des moqueries ou des réflexions désobligeantes ».

Il est heureux parfois que la Loi encadre la fantaisie ridicule de certains parents.

Si la créativité en matière de choix de prénoms semble illimitée, la liberté de choix , elle, n’est pas absolue !

 

                                                                                                                                           Chrystel Lotodé